(Excellence AfriK) - Le marché du cacao reste marqué par de fortes variations, alimentées par les incertitudes liées à la production en Afrique de l’Ouest, région qui concentre l’essentiel de l’offre mondiale.
par : Djakaridja Ouattara, Agronomist, Project Coordinator, Regional Sustainable Cocoa Coordinator
Facteurs de hausse des prix
Les contrats à terme ont récemment franchi la barre des 7 644 $/tonne, sous l’effet de :
la propagation de la pourriture brune en Côte d’Ivoire, premier producteur mondial, aggravée par un climat frais et couvert en août ;
des pluies irrégulières compliquant le séchage des fèves dans certaines zones.
Ces inquiétudes entretiennent une pression haussière, bien que certains producteurs de l’Ouest et de l’Est anticipent encore une activité de récolte solide dans les prochaines semaines.
Reflux et ajustements récents
Après un pic à 7 644 $/tonne le 15 septembre, les prix sont revenus autour de 7 400 $ / Tonne.
Ce repli s’explique par :
les attentes d’une hausse des approvisionnements avec l’ouverture prochaine de la campagne principale 2025/26 (octobre-mars) ;
des conditions climatiques plus favorables la semaine passée (faibles pluies + éclaircies), renforçant les perspectives de récolte.
Situation industrielle
Le secteur de la transformation est également sous pression.
En Côte d’Ivoire, l’usine de broyage de Cargill a dû suspendre ses activités, en raison :
de la mauvaise qualité des fèves livrées,
et de la présence élevée de corps étrangers dans les lots.
Cette situation illustre les défis croissants liés à la qualité de la matière première, qui peuvent perturber la chaîne de valeur bien au-delà de la production agricole.
Entre risques sanitaires (maladies fongiques), aléas climatiques et difficultés industrielles, le marché du cacao évolue dans une zone d’incertitude forte.
La volatilité devrait rester élevée dans les prochaines semaines, au rythme des conditions météorologiques, de la qualité des fèves et de l’avancée des récoltes principales.