(Excellence Afrik) - Le dernier classement de Forbes Currency Calculator a eu l’effet d’un électrochoc : aucun pays de la zone franc CFA ne figure parmi les dix monnaies africaines les plus solides. L’Afrique du Nord s’impose en tête avec le Maroc, la Tunisie et la Libye. Trois nations qui, malgré leurs fragilités, ont su préserver la crédibilité de leur devise grâce à une politique monétaire souveraine et assumée.
Ce contraste en dit long. Tandis que le dirham marocain poursuit son élargissement contrôlé du flottement, les pays de la zone franc demeurent prisonniers d’un système hérité de la période coloniale. Leur stabilité n’est qu’apparente, arrimée à l’euro plutôt qu’à la performance de leurs économies. Ce modèle, pensé pour rassurer, est devenu un frein à l’autonomie et à la compétitivité.
À l’inverse, le Ghana, quatrième du classement, montre qu’une monnaie nationale peut redevenir un instrument de souveraineté : le cedi s’est apprécié de 21 % face au dollar, ramenant l’inflation à 11,5 %. La leçon est claire : la maîtrise monétaire n’est pas un privilège, mais un choix de courage politique.
Comme le rappelle Kako Nubukpo, économiste togolais et fervent critique du franc CFA, « tant que nous ne serons pas capables de concevoir une monnaie adaptée à nos réalités économiques, nous resterons des acteurs périphériques de notre propre développement ».