(Excellence Afrk) - L’agence de notation panafricaine Bloomfield Investment Corporation a publié, le mercredi 15 octobre 2025, sa dernière évaluation des États africains en monnaie locale. Cet exercice se distingue de celui des grandes agences internationales telles que Moody’s, S&P ou Fitch, qui évaluent généralement sur la base du dollar américain.
Selon le rapport, le Bénin et la Côte d’Ivoire conservent la meilleure note du continent, soit A+ avec une perspective stable, traduisant un risque faible. Ces deux économies se démarquent ainsi par leur solidité et leur capacité à honorer leurs engagements financiers domestiques.
Le Sénégal et la République démocratique du Congo suivent avec une note BBB+ et une perspective stable, correspondant à un risque modéré. Le Mali et le Burkina Faso obtiennent également une perspective stable pour une note BBB, tandis que le Togo affiche BBB-, également considéré comme modérément risqué.
En revanche, la République centrafricaine et le Congo reçoivent la note BB+, les classant dans la catégorie des risques assez élevés. Le Niger, dont la dernière mise à jour date de 2022, affiche une note BBB- avec perspective stable. Le Cameroun, quant à lui, est « en cours de notation ».
Bloomfield précise que ses évaluations reposent sur la qualité de crédit intrinsèque des États africains, c’est-à-dire leur capacité à faire face à leurs obligations dans leur propre monnaie. Cette approche diffère fondamentalement de celle des agences internationales, qui mesurent la capacité des pays à rembourser en devises étrangères.
« Il est important de comprendre qu’un pays peut être pauvre en dollars mais riche dans sa propre monnaie, ce qui ne fait pas de lui un pays pauvre en termes absolus », rappelle Bloomfield.
Par cette approche endogène, l’agence souhaite offrir aux investisseurs et aux décideurs publics une lecture plus réaliste et contextualisée de la solvabilité des États africains, tout en contribuant à renforcer la crédibilité financière du continent sur ses propres marchés.