(Excellence Afrik) - Ce jeudi 2 octobre 2025, à Vridi, le Premier ministre ivoirien Robert Beugré Mambé a posé la première pierre du Complexe d’Hydrodésulfuration du Gasoil (HDS), une infrastructure de la Société Ivoirienne de Raffinage (SIR). Ce projet, d’un coût de 545 milliards de FCFA, marque le début d’un chantier de 44 mois qui devrait aboutir en 2029 à la production d’un gasoil à très faible teneur en soufre.
Conçu par des ingénieurs ivoiriens avec l’appui de partenaires internationaux, le complexe HDS a pour objectif de produire un carburant conforme à la norme AFRI 6, anticipant ainsi les exigences de la CEDEAO et les standards européens. L’ambition est claire : réduire de 75 % les émissions de soufre et offrir un carburant plus respectueux de la santé publique et de l’environnement.
Mais le projet HDS dépasse le cadre d’un simple chantier industriel. Il s’inscrit dans une stratégie nationale de transition énergétique. En misant sur une technologie de pointe, la Côte d’Ivoire entend se positionner comme un acteur régional capable de fournir du carburant propre aux véhicules de nouvelle génération.
Le ministre des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a souligné le caractère structurant de cette initiative, qui permettra au pays de devancer les normes sous-régionales :
« Ce complexe est aussi le symbole d’un redressement industriel. La SIR, longtemps en difficulté, a été relancée grâce à des mesures étatiques entre 2012 et 2018 : remboursement de dettes, réforme des prix, restructuration financière… autant d’étapes qui ont permis à l’entreprise de retrouver sa solidité. Aujourd’hui, elle ambitionne de produire du gasoil de qualité européenne dès 2030, avec une capacité logistique renforcée et une seconde raffinerie en projet. »
Le ministre a insisté sur l’impact du projet HDS dans le cadre de la transition énergétique : la SIR passera directement à la norme AFRI 6, devançant les prescriptions de la CEDEAO. Le gasoil produit répondra aux exigences des véhicules modernes et contribuera à la lutte contre la pollution atmosphérique.
Une ingénierie ivoirienne mise à l’honneur
Ce projet est avant tout le fruit d’une expertise nationale. Les équipes de la SIR ont conçu le complexe HDS en collaboration avec KT, maître d’œuvre du projet. Le directeur général de la SIR, Tiotioho Soro, a salué le travail des techniciens locaux, leur rigueur et leur résilience. Il a également exprimé sa gratitude envers les partenaires financiers, notamment la BAD et la BOAD, ainsi qu’aux institutions environnementales comme l’ANDE.
Il a rappelé les étapes clés qui ont permis ce renouveau : le remboursement de la dette de crise (180 milliards FCFA) entre 2012 et 2015, la mise en place d’un mécanisme de prix ex-SIR en 2013, la restructuration de la dette fournisseurs en 2018, et aujourd’hui, le financement du HDS à hauteur de 545 milliards FCFA.
« La pose de la première pierre du complexe HDS incarne une nouvelle ère pour l’industrie pétrolière ivoirienne, portée par une vision stratégique, une ingénierie nationale affirmée et un engagement résolu pour l’environnement. Vive l’HDS, pour que vive la SIR ! », a conclu le directeur général.
Une ambition politique affirmée
Au-delà de la technologie, le projet HDS traduit une ambition politique nationale. Le Premier ministre, Robert Beugré Mambé, a salué la vision du président Alassane Ouattara, dont les choix stratégiques ont permis de sauver la SIR et de relancer son activité.
« Je suis particulièrement heureux aujourd’hui. Ce projet est un saut qualitatif pour notre pays. Il positionne la Côte d’Ivoire à la pointe de l’innovation et de la protection de l’environnement », a-t-il déclaré.
Avec le complexe HDS, la Côte d’Ivoire affirme son ambition de devenir un hub énergétique régional, tout en respectant ses engagements internationaux pour une croissance durable.